En Marche chute à Lodève, son référent départemental s'explique

C’est une sacrée contre-performance. Quelques mois avant de débuter la campagne des municipales, le mouvement présidentiel vient de subir une déroute électorale dont il se serait bien passé. Dimanche dernier, La République en marche a terminé bon dernier de la partielle (11,7 % – 850 voix) pour le conseil départemental sur le canton de Lodève.
Jérôme Toulza, le référent LaRem dans l’Hérault, répond aux questions du d’Oc.
 
 
La promesse de La République en marche était de mettre fin aux baronnies locales. Raté : le parti socialiste, historiquement aux commandes du conseil départemental de l’Hérault, a largement dominé le 1er tour du scrutin (41,7% – 3010 voix). Pourquoi votre ancrage local semblé-t-il inexistant ?
C’était une campagne rapide, soudaine, s’inscrivant dans un calendrier difficile. L’information était faible, la participation a été très faible (26,7%, ndlr). Alors oui, nous avons manqué d’ancrage. Cette élection a favorisé les réseaux déjà installés.
 
Il fallait succéder à Irène Tolleret, conseillère départementale qui siégeait dans la majorité socialiste avant d’être élue députée européenne sur la liste Renaissance conduite par Nathalie Loiseau. La proximité de La République en marche avec la gouvernance de Kleber Mesquida n’a-t-elle pas généré une confusion pour l’électeur ?
Dans un premier temps, Irène Tolleret, était la suppléante de la socialiste défunte Marie-Christine Bousquet. Elle a donc remplacé la maire de Lodève après son décès. Elle n’a jamais été adhérente de La République en marche et a siégé dans la majorité départementale par souci de fidélité. Pour les européennes, elle était sur le quota de la société civile pour la liste Renaissance. J’observe que les élus montpelliérains, proches de la majorité municipale de Philippe Saurel, ont parrainé Emmanuel Macron et ne siègent pas dans la gouvernance socialiste. Un pouvoir que, nous marcheurs, ne pouvons pas soutenir.
Dimanche dernier, nous avons donc présenté, de manière autonome, un candidat issu de nos rangs depuis l’origine du mouvement (Daniel Guibal le maire du Bosc comme Le d’Oc l’avait révélé, ndlr). Il a fait une bonne campagne, nous avons fait ce que nous devions faire. Il faut relativiser : nous ne faisons pas 3%.
 
Nous sommes en pré-campagne municipale. Cet échec n’affaiblit-il pas votre crédibilité pour impulser un rapport de force dans des communes où vous n’êtes pas implantés ?
Nous devons travailler au cas par cas, en fonction de chaque commune. Nous devons prendre en compte les particularités d’un territoire et prendre nos décisions pour le bien des habitants. Quoi qu’il arrive, dans l’Hérault un peu plus qu’ailleurs, je préfèrerais toujours la victoire d’un maire non marcheur plutôt que celle d’un candidat issu du Rassemblement national. Il y a des situations dans lesquelles il faut savoir faire l’union républicaine.
 
Quelles sont vos ambitions sur Montpellier ? Vous semblez toujours tergiverser…
J’ai un devoir de neutralité. Nous pouvons soutenir Philippe Saurel, le maire en place. Nous pouvons aussi ne présenter personne ce qui induit un soutien tacite pour le maire en place. Ou nous pouvons investir une tête de liste comme le député Patrick Vignal, voire même quelqu’un d’autre.
Une commission nationale d’investiture tranchera. Mais elle n’est pas dictatoriale. Je lui remonterai la synthèse de mes échanges avec les députés et les animateurs locaux. Je n’aurai pas de parti pris, je ne serai qu’un simple rapporteur.
 
Pour Béziers, la situation est différente. Vers quelle stratégie vous orientez-vous ?
Nous avons toute notre légitimité à Béziers car nous incarnons la seconde force politique de la ville. Il y a deux candidats qui se dégagent et qui demandent tous les deux le soutien de La République en marche. Il s’agit de Pascal Resplandy et de Thierry Mathieu. C’est beaucoup ! Je suis donc favorable à une liste unique mais malheureusement, il semblerait que l’accord soit difficile.
 
Au lendemain de la défaite sur le canton de Lodève, certains s’interrogent sur votre légitimité. Que leur répondez-vous ?
Je suis le préfet dans l’Hérault. Je ne représente pas les marcheurs du département pour Paris, mais représente les intérêts de Paris dans le département. Tout le monde ne l’a pas encore bien saisi, je le regrette. Je m’interroge sur la légitimité de certains animateurs locaux qui ne sont pas élus mais auto-proclamés. Ils ont un point de vue sur une ville mais n’y vivent pas, n’habitant même pas la métropole. Il ne faut pas confondre gentillesse avec faiblesse car je peux mordre. Et ça pourrait faire mal.
Propos recueillis par Benjamin Téoule
 

Résultats du 1er tour de la partielle départementale pour le canton de Lodève (30 juin 2019)
Gaëlle Levèque (PS / Majorité départementale) 41,7% -3 010 voix
Stéphanie Galzy (RN) 25,43% – 1 692 voix)
Clothilde Ollié (EELV) 23,05% – 1 665 voix)
Daniel Guibal (LREM) 11,77% – 850 voix

 

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Alex Larue : LR toujours LR…

La tête de liste aux prochaines municipales à Montpellier pour le parti Les Républicains commence à s’exaspérer. Après le résultat décevant de sa formation politique sur la ville aux dernières européennes (6%), plusieurs rumeurs promettent à Alex Larue d’abandonner sa démarche de conquête du pouvoir. Ainsi, les voix qui propagent ces mauvaises intentions proviendraient du clan de Mohed Altrad. « Combien de fois dois-je vous le dire, je suis candidat et ne vous rejoindrai pas au premier tour. Je vais jusqu’au bout », répète régulièrement l’élu de droite à l’entourage du chef d’entreprise. Mais un sondage actuellement en cours devrait raviver le débat…

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Les Gilets jaunes à la mer

Après les Gilets jaunes sur l’autoroute A9, après les Gilets jaunes en centre-ville devant la Préfecture, voici les Gilets jaunes à la mer. Pour l’acte XXXIX du mouvement débuté le 17 novembre, les manifestants ne comptent pas partir en vacances. Au contraire, samedi prochain, le cortège se rendra à Carnon, sur la plage du Petit travers pour « une marée jaune » afin d’interpeller les touristes et les premiers vacanciers.

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