Ces élus qui se révèlent opposants une fois évincés de la gouvernance

Il n’y a pas si longtemps, le sénateur LR Jean-Pierre Grand se présentait sur la liste de Philippe Saurel aux régionales. Avec Les citoyens du midi, le maire de Montpellier comptait s’emparer de la présidence de la région Occitanie. Oui, mais ça, c’était en 2015. Depuis, la commune de Castelnau-le-Lez n’est plus représentée dans l’exécutif de la métropole et le castelnauvien est vent debout contre le patron de la Place Georges Frêche.
Cyril Meunier, le maire de Lattes, Michèle Cassar, maire de Pignan, ou encore Isabelle Touzard, maire de Murviel-les-Montpellier ne remettaient pas en cause publiquement la politique de Philippe Saurel au sein de Montpellier3M. Ils étaient chacun vice-président avant d’être éjectés de leur poste. Ils ne le sont plus depuis 2017. Et les critiques fusent, les langues se délient, se révélant même comme de farouches opposants. En 2016, le président de la métropole a annoncé le projet clivant d’un futur stade de football. A l’époque, ces élus étaient restés silencieux. Mais désormais, ils ne siègent plus dans la gouvernance.
Au conseil municipal de Montpellier, Brigitte Roussel-Galiana comprend très bien la situation. Pour l’absence de candidature à l’obtention du label Grands sites d’Occitanie, l’élue n’avait rien dit. Pas un mot ! Elle se contentait de faire la promotion de l’avancée – laborieuse – des travaux de la Grand rue Jean-Moulin et des autres actions concernant l’Ecusson. Mais à l’époque, elle était adjointe au commerce. Désormais, évincée de la majorité municipale, elle explique à son entourage qu’elle a retrouvé « une liberté de parole ». Elle en profite d’ailleurs allégrement, notamment sur les réseaux sociaux, en fustigeant la politique de Philippe Saurel pour l’attractivité économique du centre-ville.
Finalement, avec les députés godillots, La République en marche n’a rien inventé. A Montpellier, les Saurélistes maîtrisent habilement l’art de la discipline, le doigt sur la couture du pantalon. Du moins, lorsque les élus siègent dans la gouvernance. Car après, ça se gâte !
 

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Castelnau : LREM cartonne, Lafforgue avait anticipé

Avec les élections européennes, la seconde ville la plus peuplée de la métropole de Montpellier, Castelnau-le-Lez, symbolise parfaitement cet électorat qui délaisse le parti Les Républicains pour rejoindre La République en marche. Avec 28,7%, la liste Renaissance conduite par Nathalie Loiseau est arrivée largement en tête (+6,3% par rapport au score national) dans cette commune historiquement ancrée à droite. La liste de François-Xavier Bellamy ne recueille que 8% des suffrages. Le mouvement présidentiel progresse même d’un point par rapport aux dernières présidentielles. En 2017, François Fillon y avait également réalisé un bon score (24,6%, soit 4,6% de plus que son score national).
Rusé, le maire LR Frédéric Lafforgue avait sorti le parapluie dès son investiture en septembre 2017. En effet, l’édile a immédiatement nommé Gérard Sigaud, adhérent LREM jusqu’à lors simple conseiller municipal, comme nouvel adjoint délégué au numérique. L’histoire d’afficher toute sa bienveillance envers le mouvement présidentiel. Et surtout de ne pas être contrarié par le dépôt d’une liste macroniste aux prochaines municipales.
 

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Immobilier : un promoteur devient lanceur d’alerte
 Il promet de tout dire sur les « parrains » du milieu de l’immobilier en Occitanie, de lever le voile sur le comportement d’élus véreux et les contorsions d’avocats et de notaires pour couvrir des procédures irrégulières. Le promoteur Jean-Christophe Rivière, ancien directeur général d’Angelotti Promotion, publiera ses révélations cet automne dans un livre. « Beaucoup sont soulagés que je parle, certains s’inquiètent, d’autres menacent » confie-t-il au d’Oc. Et pour cause, le transfuge donnera le détail des « tambouilles » du « milieu » qui, loin d’être anecdotiques, expliqueraient un fonctionnement d’économie « parallèle » sans garde-fou et parfois sans morale. Les faits, nombreux, ne devraient pas laisser la justice insensible.
 
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