Gare Sud de France et sa route de la discorde : fallait-il sauver le week-end de Pâques ?

Cyril Meunier, le maire de Lattes, s’étonne des conditions de la construction d’une route ralliant sa commune à la gare TGV Sud de France. La métropole de Montpellier ayant la compétence de la police de la voirie sur ce secteur. Il affirme que « les travaux ont été engagés dès le 11 mars sans qu’aucun panneau d’information ne figure sur le terrain. » Plus tard, l’édile apprenait que la société Colas intervenait dans le cadre du bon de commande de la ZAC Cambacérès. « J’ai pu constater que le 9 avril les travaux du chantier étaient achevés », écrit-il à Philippe Saurel, le maire de Montpellier et président de la métropole. Or, d’après Cyril Meunier, la SA3M, l’aménageur de la métropole, n’a prévu aucun appel d’offres pour la mise en place de ce barreau routier qu’il juge d’ailleurs « située hors ZAC. » Le coût de l’infrastructure pourrait s’élever à 500 000€. Interpellé en conseil de métropole le 18 avril dernier, Philippe Saurel n’a pas réagi. Le maire de Lattes attend donc toujours la communication de l’ensemble des pièces contractuelles concernant les sociétés missionnées pour le chantier.
Avant ce constat, Cyril Meunier avait réalisé un arrêt pour interrompre l’opération, qui a été rejeté par la préfecture de l’Hérault. Parmi les raisons avancées par le représentant de l’Etat : « la nécessité de terminer les travaux de la gare Sud de France avant le week-end de Pâcques, au cours duquel tous les trains à destination de la gare Saint-Roch seront détournés sur la gare sud de France pour cause de travaux sur la voie classique. » Tout laisse à penser qu’il y avait urgence pour installer cette route de la discorde avant le week-end prolongé du 20 avril, en espérant une nouvelle polémique sur la desserte de l’équipement considéré jusqu’à présent comme « un fiasco ». Quitte à générer quelques confusions sur la légalité de l’opération.
 

***

 
Une observatrice de La ligue des droits de l’Homme convoquée au tribunal pour… entrave à la circulation !
Militante pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Montpellier, Camille Halut a été placée en garde à vue lundi 29 avril avant d’être relâchée quelques heures plus tard. Avec son bon de sortie, l’étudiante en droit a écopé d’une convocation au tribunal en octobre prochain. Les faits qui lui sont reprochés ? « Entrave à la circulation » lorsque le samedi 6 avril le cortège des « gilets jaunes » est allé bloquer l’autoroute au niveau de l’échangeur Près-d’Arènes. Vinci a porté plainte contre X. Or, si le statut d’observateur n’est pas officiel, l’adhérente de la LDH ne peut être considérée comme une manifestante.
Depuis plusieurs semaines déjà, Camille Halut agace une grande partie des forces de l’ordre dans la capitale héraultaise. Elle les scrute, les filme, conseille les personnes qui sont interpellées. Elle a aussi dénoncé à plusieurs reprises le comportement de certains fonctionnaires de police sur le terrain n’hésitant pas à l’insulter. Elle a même saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN) avec qui elle aurait dû s’entretenir le jour de sa garde à vue à propos de violences policières. Samedi dernier, toujours dans le collimateur de l’autorité publique, elle se faisait provoquer par des agents de la brigade anti-criminalité qui sont venus lui imposer un selfie comme le montre la vidéo ci-dessous. Une pratique qui ne relève pas du maintien de l’ordre. De son côté, Me Sophie Mazas, présidente de la LDH à Montpellier, appelle « à une réaction de la société civile. » Cette actualité intervient au moment où plusieurs photographes, vidéastes, journalistes, amateurs ou professionnels, dénoncent le comportement des forces de l’ordre qui fragilisent leur activité en restreignant leur liberté d’exercer.
 


 
Voir aussi :
Une nouvelle gare TGV « fantôme » ? La réponse édifiante en images
Gare TGV de Montpellier : le fiasco durera plus qu’un été
[Vidéodoc] « A la métropole de Montpellier, Philippe Saurel a créé sa propre opposition »
Gaz lacrymogène : une inquiétude grandissante à Montpellier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *