Débat : les gauches face au défi de la révolution En Marche!

Restée silencieuse pendant les élections présidentielles et législatives, Militer autrement fait son retour ce lundi avec une nouvelle conférence-débat. Ancrée dans l’ère du temps, l’association propose cette fois-ci de s’interroger sur « Les gauches face aux défis de la révolution En Marche ! ». A la tribune, le public assistera à un choc générationnel : le socialiste Jean-Michel Du Plaa (à gauche de la photo), conseiller municipal d’opposition à Béziers et ex élu au Département siègera aux côtés de Stéphane Vidal (en bas et à droite de la photo), candidat malheureux aux législatives pour la France insoumise et Romain Subirats (en haut et à droite de la photo), proche de La République en marche (LREM). A noter que ce dernier, avocat d’affaires, réalisera sa première sortie politique depuis qu’il a quitté, en janvier dernier, le cabinet de Philippe Saurel à la métropole de Montpellier.

Entretien avec Hélène Qvistgaard, la présidente de l’association.

 

Au sein des gauches, les clivages sont importants. Le débat ne risque-t-il pas de s’enflammer rapidement ?

Nous nous situons à gauche dans le respect des idées des uns et des autres. Le but est de s’enrichir des réflexions de tous pour avancer tous ensemble. Il faut accepter que tout le monde ne pense pas comme soi-même pour mieux s’enrichir des différences de chacun. Le but est de s’interroger sur ce qui correspond le mieux à ce que l’on souhaite comme société pour demain.

 

Où se situe Militer autrement dans toutes ces gauches ?

Tous les socialistes, les insoumis, les saurélistes, les marcheurs sont les bienvenus. Au départ l’association a été fondée suite aux dysfonctionnements de la fédération du parti socialiste héraultais. Elle a dénoncé le non respect des règles à l’intérieur comme à l’extérieur du parti. Cela n’a pas été entendu par les tenants du parti, au niveau local comme au national. Force est de constater qu’il fallait continuer à jouer notre rôle au-delà du parti. Sur ce plan là, les faits nous donnent aujourd’hui raison. Malheureusement, il y a des personnes qui se sont servies de l’étiquette socialiste pour être élues ou pour ne pas avoir de candidat issu du mouvement d’Emmanuel Macron. Je constate aussi que certains quittent le navire du PS pour rejoindre la République en marche. En matière d’opportunisme, c’est donc l’arroseur arrosé. On peut le regretter mais désormais le parti ne peut qu’évoluer.

 

Quel regard portez-vous sur votre formation de cœur, le Parti socialiste ?

Je vois mes ex camarades (Hélène Qvistgaard a été exclue en 2015 pour s’être présentée aux départementales sans l’accord du parti, ndlr) avec beaucoup de bienveillance sur les idées qu’ils tentent de porter. Mais la manière de fonctionner et d’exercer le pouvoir nous a conduits d’échec en échec. Certains responsables ont oublié les fondamentaux de ce parti et l’ont emmené dans le mur.

 

Comment analysez-vous le phénomène d’En Marche ! ?

Il correspond à un besoin de renouvellement des pratiques et des élus. Malheureusement, par mon vécu, je vois tous les travers qui sont en train de se mettre en marche au sein de ce mouvement. On ne peut pas toujours faire du neuf avec du vieux même s’il faut s’appuyer sur certaines expériences. Je suis dubitative sur la structuration de ce futur parti qui souhaite prendre exemple sur les entreprises et les start-up… Je n’oublie pas qu’il y a eu un effet d’opportunités, comme l’affaire Fillon, ce qui a permis à En Marche de se développer beaucoup plus rapidement que ce qui était sans doute prévu au départ. Mais attention, le nombre énorme d’abstentionnistes pour ces dernières élections signifie aussi qu’il n’y a pas forcément une grande adhésion aux idées du président Macron.

 

A Montpellier, en 2014, il y a eu également le renouvellement des élus opéré par la victoire dePhilippe Saurel…

L’expérience de Montpellier prouve ce que je disais précédemment. Il faut à la fois ouvrir les portes à de nouvelles personnes mais pour créer quelque chose d’innovant, être en mesure de le réussir, il faut aussi s’appuyer sur des personnes expérimentées. Au bout de trois ans de mandature, on s’aperçoit des limites du fonctionnement originel. Le pouvoir doit se structurer en amont de la victoire aux élections au risque de se confronter à plusieurs déceptions.

 

L’absence de mandat ne vous manque-t-il pas, vous qui avez été adjointe au maire sous Hélène Mandroux ?

Parfois oui, parce que l’on peut faire de belles et de grandes choses une fois en situation. Mais les conditions d’exercice sont importantes donc parfois cela ne manque absolument pas.

 

 

Propos recueillis par Benjamin Téoule

 

« Les gauches face au défi de la révolution En Marche ! »

Lundi 3 juillet 19 heures à la brasserie Le sud, quai du Pirée (face à l’Hôtel de Région), à Montpellier.

 

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