À Montpellier, le défi de la gratuité des transports passe par le week-end dès le 1er septembre

Il en a fait un marqueur fort de sa campagne électorale à Montpellier. Désormais installé dans le fauteuil de maire, le socialiste Michaël Delafosse veut faire de la gratuité des transports publics un modèle duplicable dans d’autres métropoles. « C’est un engagement qui créé du désir ailleurs », affirme l’édile. Une mesure, selon lui, pour contribuer « au renouveau des idées à gauche ». Son objectif : redistribuer du pouvoir d’achat, redynamiser l’activité commerciale en centre-ville et réduire l’utilisation de l’automobile. « Un choix pour la transition écologique et solidaire », martèle l’élu. Michaël Delafosse souhaite que cela participe à « une transformation des politiques publiques ».

Avant la gratuité totale espérée pour 2023, Michaël Delafosse lance une première étape dès ce mois de septembre avec la gratuité le week-end. Les habitants de la métropole de Montpellier, seuls éligibles au dispositif, devront se munir d’une carte spécifique afin de bénéficier de cet avantage. La validation d’un titre de transport restera obligatoire. Les objectifs chiffrés restent pourtant encore à déterminer. « Nous évaluerons la fréquentation des commerces de l’Ecusson. Notre volonté est de gagner de nouveaux usagers. » explique Renaud Calvat, le premier vice-président de Montpellier3M en charge des finances. Pour sa part, Julie Frêche, qui pilotera la mise en place, a indiqué en conseil de métropole : « sur la question de l’estimation financière, nous prenons le temps d’affiner les chiffres car nous sommes dans une période compliquée, exceptionnelle, avec une sortie de confinement. »

Pour l’instant, le coût budgétisé pour cette première opération s’élève à 1,5 million d’euros. Dans un second temps, la gratuité se réalisera en fonction du critère de l’âge.

De son côté, le syndicat Force ouvrière, majoritaire au sein du délégataire Tam, s’est exprimé à plusieurs reprises contre cette initiative. Les représentants du personnel s’appuient sur une étude du Groupement des autorités responsables des transports (Gart) qui assure : « Les usagers sont beaucoup plus sensibles au niveau d’offre et à la qualité du service rendu qu’au tarif. » FO-Tam s’inquiète aussi pour la sécurité des agents. Vendredi 31 juillet, en conseil de métropole, plusieurs maires ont demandé un meilleur maillage des transports sur le territoire ainsi qu’une fréquence plus importante.

Pendant la campagne des municipales, à l’automne dernier, Le d’Oc avait décrypté ce projet en trois épisodes.

Tarifs des transports en commun à Montpellier : une politique sans réelle ambition

A l’heure où les candidats aux élections municipales sont de plus en plus nombreux à promouvoir la gratuité des transports en commun dans les grandes métropoles françaises, Le d’Oc a passé à la loupe les prix pratiqués à Montpellier et ailleurs. Sur les tarifs étudiants, la capitale héraultaise est à la traîne.

Malgré sa crédibilité, la gratuité des transports face à ses résistances

Le prochain mandat municipal se jouera-t-il sur la mobilité ? Nombre de commentateurs l’affirment. L’afflux de propositions en faveur d’une gratuité totale ou partielle des transports publics semble leur donner raison. A Montpellier, le socialiste Michaël Delafosse construit sa campagne autour de ce sujet. Mais il ne fait pas l’unanimité. Le d’Oc a décortiqué la mesure.

De gauche à droite, la gratuité des transports bouleverse les traditionnels clivages

La gratuité des transports en commun, un marqueur politique ? De gauche à droite, plusieurs candidats aux élections municipales de mars prochain s’emparent du sujet. Ainsi, certains clivages traditionnels s’effacent au profit d’autres plus inattendus. Panorama des diverses positions sur la question, à Montpellier et dans l’Hérault.

2 réactions à “À Montpellier, le défi de la gratuité des transports passe par le week-end dès le 1er septembre

  1. Je ne suis pas compétent en matière de transport mais cette idée de gratuite me laisse sceptique. Effet d’opportunité pour les usagers habituels, cette gratuité aidera-t-elle à abandonner la voiture ? J’en doute, les diverses expériences connues ne vont guère en ce sens. Renforcer le pouvoir d’achat ? Certes mais c’est un peu démagogique non, vu le prix d’un trajet ( un AR au prix fort = même pas deux cafés !).Et ne peut-on craindre davantage d’incivilités , sur le modèle c’est gratuit = ne vaut rien ? Malheureusement, la gratuité dévalorise pour certains !
    A mon sens, c’est une politique différenciée des tarifs selon les revenus qu’il faudrait mettre en place.

  2. La gratuité permanente généralisée des transports en commun dans une grande agglomération est déresponsabilisante et accroît les inégalités territoriales au détriment de celles et ceux qui n’habitent pas à proximité d’un réseau. Malgré leur bénéfice collectif (notamment en matière de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de pair) à prendre en compte dans leur coût réel, les transports en commun même s’ils utilisent des énergies renouvelables (ce qui n’est encore que très partiellement le cas) ont un coût auquel il est légitime que les usagers contribuent sauf bas revenus (ce qui ne concerne pas par exemple tous les retraités et étudiants). Il faudra évaluer les effets socio-économiques et environnementaux d’une gratuité expérimentée sur les week-ends, et ne pas oublier que dans les cas (comme la communauté d’agglo de Dunkerque) où le passage à la gratuité a fortement augmenté leur fréquentation en réduisant la part des auto-solites c’est que non seulement le réseau a été d’abord renforcé quant aux fréquences et à la desserte mais que la communauté urbaine y bénéficie de recettes importantes grâce à une taxe transports à 1,55 % qui s’applique notamment la centrale nucléaire de Gravelines. Mais il faudrait que cette taxe bénéficie aussi à d’autres modes de mobilité comme le vélo ou comme les réseaux type rézo pouce qui développent un co-voiturage de proximité maximisé par un réseau numérisé bien agencé par une structure de l’économie sociale et solidaire (telle qu’une société coopérative d’intérêt collectif)…

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