À Montpellier, le maire reconduit sur sa liste une élue condamnée pour prise illégale d’intérêts

#PartieDeCampagne. Petit à petit, Philippe Saurel dévoile sa liste pour prétendre à un second mandat. Dès les premières annonces, on trouve des personnes qui n’ont jamais été encartées dans un parti, des anciens socialistes, ou encore de fidèles soldats. Mais aussi un père avec sa fille et, plus surprenant, Stéphanie Jannin pourtant condamnée en 2017 dans l’exercice de ses fonctions pour prise illégale d’intérêts.

Désormais officiellement candidat à sa propre succession, Philippe Saurel commence à dévoiler une partie de son équipe. Le maire de Montpellier vient de présenter à la presse celle qui occupera la deuxième place sur sa liste : Soune Serre, directrice de communication chez SNCF Réseau en Occitanie. Philippe Saurel promet aussi que « la jeunesse sera bien représentée » et espère promouvoir « de nouveaux talents ».

Avant cette annonce, l’édile avait déjà confirmé qu’André Vézinhet clôturerait la liste. L’ancien président du conseil général de l’Hérault accompagne donc sa fille, Véronique Pérez, actuelle adjointe au commerce qui a été renouvelée.

Du côté des arrivées, il faut aussi noter celle de l’ancien député UMP Jacques Domergue qui a siégé pendant 12 ans dans l’opposition municipale.

On retrouve aussi quelques fidèles soldats comme les élus sortants Luc Albernhe, Rabii Youssous, Annie Yague, Chantal Marion, Isabelle Marsala, Abdi El-Kandoussi ou encore Michèle Dray-Fitoussi, la présidente du groupe Hérault citoyens au Département.  

La députée LREM Patricia Miralles élue en 2017 dans la foulée de la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle prend aujourd’hui ses distances avec le mouvement présidentiel. Un comportement qui lui permet de rester sur la liste du maire de Montpellier. Il y a bientôt trois ans, Philippe Saurel avait pourtant créé un groupe En Marche et apparenté à la métropole contraignant les maires qui ne souhaitaient pas l’intégrer à leur retirer leur siège dans l’exécutif. Un an plus tard, en pleine révolte des Gilets jaunes, le maire a, une fois encore, renommé son groupe aussi bien à l’intercommunalité qu’à la Ville.

Malgré le poids des années et son opposition en interne au projet de nouveau stade de football, Max Lévita est aussi reconduit. Avec 49 années, le premier adjoint figure dans notre Top 10 du championnat du cumul de mandats dans le temps.

Mais la surprise la plus importante provient certainement de Stéphanie Jannin. L’élue a été rétrogradée de 1re adjointe à seconde. Ensuite, l’adjointe déléguée à l’urbanisme a perdu les élections législatives sur la seule circonscription exclusivement montpelliéraine. Et puis, le 4 décembre 2017, l’élue a été condamnée pour prise illégale d’intérêts (5 000 euros d’amendes).

Le d’Oc avait relevé la sévérité du jugement, notamment sur l’éthique. « Ce fonctionnement est d’autant plus regrettable qu’il donne une image négative de la politique », avait écrit le Tribunal de grande instance de Montpellier à propos de Stéphanie Jannin. Ce qui lui a été reproché ? Le vote d’une subvention exceptionnellement élevée pour l’association de La maison de l’architecture alors présidée par Cyril Outrebon, son conjoint architecte de profession (5 000 euros d’amendes).

D’autre part, Le d’Oc a déjà révélé que cette situation n’était certainement pas inédite. En effet, le phénomène s’est reproduit à plusieurs reprises à la métropole de Montpellier. Stéphanie Jannin a pris part à des délibérations portant sur des projets immobiliers (à Cournonterral et Lattes) favorisant les intérêts économiques de l’entreprise pour laquelle son conjoint détenait 50% des parts, le cabinet d’architecture A.C.O.   

Pourtant, l’élue a été maintenue dans la gouvernance de la Ville et de la métropole, cumulant une fonction d’adjointe et de vice-présidente. Et les indemnités qui vont avec. « Elle a payé son amende. Elle a perdu la députation, rappelle Philippe Saurel au d’Oc.. Comme tous mes colistiers, elle a le casier judiciaire vierge (bulletin n°3, ndlr). Je trouve qu’elle a déjà bien été sanctionnée pour ne pas être sortie de l’hémicycle au moment du vote. » La défense sera-t-elle audible ? Car depuis plusieurs années, Philippe Saurel construit son parcours sur les valeurs en politique.  

En 2014, le maire vantait vouloir faire « de la politique autrement », dénonçant volontiers les méthodes du Parti socialiste et « ses petites manœuvres d’un autre temps ». Il avait aussi signé la charte de l’association Anticor qui lutte contre la corruption.

BT

Photo : Xavier Malafosse

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