Pref, Police, Justice… Vague de départs chez les hauts fonctionnaires de l’Hérault

Six mois avant les élections municipales, Montpellier connaît une importante vague de départs chez ses hauts fonctionnaires. Le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, est muté à Orléans en tant que préfet de la région Centre-Val-de-Loire. Il était arrivé dans la capitale héraultaise il y a trois ans et demi. Il est remplacé par Jacques Witkowski, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises au sein du ministère de l’Intérieur de Christophe Castaner.
De son côté, le procureur général près de la cour d’appel de Montpellier, Pierre Valleix, quitte ses fonctions pour rejoindre la cour de cassation. Le procureur de la République, Christophe Barret, est promu procureur général de la cour d’appel de Besançon. Il était à la tête du parquet de Montpellier depuis six ans. Pour sa part, Eric Maréchal, le président du Tribunal de grande instance de Montpellier est nommé premier président de la cour d’appel d’Angers.
Du mouvement également dans la police nationale avec la mutation vers le Var du directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Michel Porez. Il occupait ses fonctions dans l’Hérault depuis 2012. Ces derniers mois, son management était de plus en plus contesté par une partie des fonctionnaires de police sous sa direction.
 

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Récompense « exceptionnelle » de Castaner ; à Montpellier le scepticisme demeure
Notre partenaire Mediapart a révélé la semaine dernière que le ministre Christophe Castaner a honoré plusieurs de ses agents de la médaille de la sécurité intérieure. Une promotion « exceptionnelle » nommée officiellement « Gilets jaunes ». Parmi les récompensés, on retrouve au moins cinq personnes impliquées dans des violences policières à Nice ou Marseille. Or, cette médaille est « destinée à récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel (…), et à récompenser des actions revêtant un éclat particulier. »
Au sein des forces de l’ordre montpelliéraines, certains font la grimace. « Il y en a qui cherchent à rendre cette médaille », confie au d’Oc un fonctionnaire de police. D’autres agents sont étonnés de voir que des « non sportifs » comme des « porteurs de sandwichs pendant les manifestations du samedi l’ont obtenu » ou que le fait d’avoir « déplacé des barrières avant de se faire un tour de rein » ait permis de décrocher la préciseuse breloque… Ces profils entrent dans le dispositif des « policiers blessés non méritants » et « ceux qui n’ont pas été blessés mais qui ont réalisé une action remarquée durant cette période. »
 

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Marcheur désabusé
Dans l’Hérault, le moral des militants de La République en marche n’est pas forcément au beau fixe. L’affaire François de Rugy est passée par là… « J’ai de plus en plus de désillusions. C’est inquiétant. Je crois à une démarche politique plus sobre, plus sincère » confie au d’Oc un marcheur impliqué dans la vie du mouvement présidentiel. Et de s’interroger : « Mais est-ce que ça sera dans le cadre d’En Marche ? Je ne sais pas… »
 

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Marcheur désabusé (2)
La vie d’un marcheur héraultais n’est pas un long fleuve tranquille. Tensions internes, tergiversations sur les municipales à Montpellier, et… défaite électorale. « C’était certain que nous allions perdre la partielle départementale sur le canton de Lodève », affirme un militant de LaRem. Selon lui, la campagne n’avait pas débuté que c’était déjà plié. « L’affiche officielle pour présenter les candidats et communiquer sur le scrutin comportait de grossières erreurs. Il était inscrit que les votes se dérouleraient le 30 juin et le 1er juillet. Mais un premier tour ne se déroule pas sur deux jours et il y a toujours une semaine minimum entre les deux échéances. » déplore un marcheur un peu dépité. Et de détailler : « il a été inscrit un slogan : osez le changement ! Mais il a été valorisé un maire sortant et une remplaçante dont il était précisé qu’elle était élue locale depuis 13 ans. On est nul. »
 
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