Philippe Saurel ne brigue pas l’investiture LREM : « Mon parti, c’est Montpellier ! »

En marge d’une conférence de presse consacrée aux transports, le maire de Montpellier et président de la métropole a répondu aux questions du d’Oc sur son positionnement politique en vue des prochaines élections municipales. Philippe Saurel dément ainsi les nombreuses rumeurs qui indiquent que l’édile briguerait l’investiture de La République en marche. « Je n’ai pas changé : je suis hors des partis, je suis citoyen, écologiste et divers gauche. Mon seul parti : c’est Montpellier ! » affirme-t-il.
Alors que le mouvement présidentiel commence à réunir sa commission nationale d’investiture pour désigner les candidats au scrutin de mars prochain, Philippe Saurel s’en montre complètement désintéressé. « Je ne demande rien. Je ne connais pas les membres de cette commission », déclare-t-il. Alors quels sont les liens entretenus par le dissident socialiste avec la formation d’Emmanuel Macron ? « Je suis le seul maire d’une grande ville, avec celui de Lyon, à avoir parrainé le président de la République. Aux européennes, je suis le seul à m’être engagé publiquement. Après, j’ai toujours milité pour que le gouvernement soigne sa jambe gauche. »
Mais le maire de Montpellier insiste sur sa singularité : « vous pouvez l’écrire, le seul parti dans lequel je pourrais revenir, c’est le parti socialiste, mais pas celui d’aujourd’hui où il n’y a que des peaux de lapin. »
Avec de tels propos, l’édile semble faire un pas de plus vers sa candidature pour renouveler son mandat. Mais Philippe Saurel demande encore un peu de temps : « même si plein de projets sont en train de sortir, je n’ai pas encore fait le chemin spirituel pour ma candidature. »
 

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Philippe Saurel, la République en marche, c’est lui ?
En 2016, Emmanuel Macron a quitté le gouvernement socialiste de Manuel Valls pour défier le président François Hollande. Et remporter la mise ! Mais à Montpellier, Philippe Saurel aime à se rappeler qu’il était un peu le précurseur de cette fronde, avant même la naissance de La République en marche : « en 2014, aux municipales, j’étais dissident socialiste, l’année suivante, aux régionales, avec Les citoyens du midi, j’étais dissident socialiste. Les marcheurs le savent et lisent la presse », explique-t-il au d’Oc. Pas certain toutefois que l’industriel Mohed Altrad ou le député Patrick Vignal ne partagent cette analyse.
 

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Salelles-Fina : la  défiance atteint son paroxysme
Dans les collectivités territoriales, les relations entre le politique et l’administration sont toujours très complexes. A Montpellier, sous l’agglomération présidée par le socialiste Jean-Pierre Moure, les rapports entre la directrice de cabinet Sophie Salelles et le directeur des services Christian Fina étaient exécrables.
Aujourd’hui, bien que Philippe Saurel ait succédé à Jean-Pierre Moure, les deux personnalités restent toujours en place. Mais la qualité de leur collaboration se serait particulièrement dégradée. Selon nos informations, elle aurait même atteint son paroxysme dans la défiance. Au cœur du problème : les échecs successifs sur la gestion du centre-ville et de l’absence de candidature pour obtenir une aide de l’Etat après les manifestations des Gilets jaunes qui ont impacté le commerce de l’Ecusson ainsi que la remise à plat de la Zac Cambacérès et le report du projet d’un nouveau stade de football.
 

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Midi Libre : Biscaye voulait accueillir Obama, il recevra des Gilets jaunes

Ces derniers jours, faisant preuve d’un certain acharnement sur Twitter, le directeur de la rédaction de Midi Libre Olivier Biscaye a tenté de convier Barack Obama dans les locaux du quotidien régional, « et en anglais s’il vous plaît ! ». Mais pour l’heure, il semble que l’ancien président des Etats-Unis, en vacances dans le Gard provençal, soit davantage intéressé par la visite du Palais des papes en Avignon que par « la presse française ». Et même si « tout passe par ces dames », l’appel lancé à Michelle Obama reste sans réponse.

Pour autant, notre Bob Woodward local ne perd pas son temps. Certes moins glamour, il recevait hier soir une délégation des Gilets jaunes particulièrement remontée contre le traitement du mouvement par la rédaction. Olivier Biscaye est en effet l’auteur de plusieurs éditos controversés, qui ne passent pas parmi la communauté mobilisée depuis le 17 novembre. Un courrier lui a d’ailleurs été adressé, dans lequel il lui est reproché un comportement « macroniste », avec des critiques plus ou moins fondées. Au lendemain du rassemblement national à Montpellier pour l’acte XXX, le 9 juin, il écrivait notamment : « Le pouvoir en place ne peut pas rester les bras ballants face à ces groupes incontrôlables. Agissez avant qu’il ne soit trop tard. »

Nul doute que Barack Obama, plus coutumier des colonnes du NYT, ne manquera pas de « voir la différence » s’il s’aventure à la lecture d’un commentaire aussi neutre et nuancé.

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