Depuis l'été 2017, une affaire de manipulation, de violence et d'abus sexuel secoue le Bouddha Land français. Le gourou fondateur du réseau international Rigpa et du centre Lerab Ling, inauguré en 2008 à Roqueredonde, dans le Lodévois, au bord du plateau du Larzac (Hérault), est la cible d'accusations graves. En septembre 2018, après qu'un rapport indépendant ait confirmé la crédibilité des allégations rendues publiques, la direction de Rigpa présentait des excuses officielles aux adeptes « blessés ». Forcé de faire le ménage, l'organisation a confirmé l'éloignement définitif du lama tibétin Sogyal Rinpoche. Mais malgré un plan com' bien rôdé, en interne son emprise reste profonde.
Mi-septembre 2018, à Roquedonde, lors des journées du patrimoine. A quelques kilomètres de Lodève. Un amoncellement de touristes s'engouffre dans les allées cheminant vers le temple. Depuis le haut de la colline, il s'apparenterait presque à un décor de carton-pâte, beaucoup trop neuf et moderne malgré les drapeaux de prière tibétains et les couleurs criardes. Voilà quelques semaines que le rapport du cabinet Lewis Silkin est tombé. Accablant. Terrifiant. Mandaté par le réseau Rigpa, il avait pour mission d'enquêter sur la lettre de dénonciation publiée en juillet 2017 par huit anciens étudiants du centre bouddhiste.
Et comme annoncé, le gourou s'y révèle colérique, lubrique et manipulateur, réclamant une « fellation », « plongeant sa main dans le chemisier » d'une adepte, giflant ou cognant sans sommation à l'aide d'un gratte-dos au gré de ses humeurs.
