Un proche collaborateur de Philippe Saurel abuse-t-il d’un véhicule de service à des fins personnelles ?

Entre le 14 décembre et le 1er mars dernier, le chargé de mission au cabinet du maire de Montpellier, Jean-Jacques Sarciat, a utilisé quasiment chaque week-end un véhicule de la métropole. Selon nos informations, l’automobile est régulièrement empruntée le vendredi, avant 17 heures, puis ramenée le lundi matin. Cela peut également se produire pour des week-end prolongés comme lors du jeudi 7 février. Rarement, le véhicule est exploité en semaine, sauf après un conseil de métropole comme le 21 février pour être rendu, exceptionnellement le lendemain. Or, un véhicule de service ne peut être utilisé que sur le temps de travail du contractuel, sans remisage à domicile. « Ce n’est pas pour aller à Tombouctou mais au foot ou au rugby », se défend le collaborateur de Philippe Saurel qui n’est pas en charge de l’animation des loges. Problème : sur les sept emprunts dont Le d’Oc possède les justificatifs, le stade de la Mosson n’a accueilli qu’une seule rencontre du MHSC… et seulement deux matchs de coupe d’Europe de rugby se sont déroulés à domicile. En réalité, comme la plupart des collaborateurs du maire de Montpellier, Jean-Jacques Sarciat ne possédait pas, à cette époque, un arrêté qui mentionnerait qu’il peut avoir accès à un véhicule avec un remisage à domicile. Une dérive avec les moyens publics qui, selon plusieurs témoignages au sein de l’Hôtel de Ville, ne serait malheureusement pas isolée à un seul homme.
 

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Municipales 2020 : Plaintes, quenelles, mensonges et Subirats…
Plusieurs maires de la métropole portent plainte contre X – visant en réalité leur président Philippe Saurel – pour diffamation, détournement de fonds publics et conflit d’intérêt. Leur moteur : l’envoi d’un courrier critique aux habitants des communes dont le maire n’a pas voté le dernier budget métropolitain avec les moyens financiers de l’établissement public de coopération intercommunal (EPCI). Selon eux, cette attitude relève de « la politique politicienne » et ne sert donc pas « l’intérêt général. » Philippe Saurel a décidé de répondre en déposant plainte pour dénonciation calomnieuse.
Quelques jours auparavant, le maire de Montpellier avait déjà annoncé porter plainte. Il s’agissait pour lui de réagir au geste « néo-nazi qualifié de quenelle », inspiré de Dieudonné, que lui avait adressé l’élu d’opposition Djamel Boumaaz (N°2 de la liste FN aux municipales de 2014) à la fin du dernier conseil municipal. En 2015 déjà, Philippe Saurel avait reçu « une quenelle géante » de la part de Dieudonné alors en représentation au zénith de Montpellier. En provocateur permanent, l’humoriste très controversé (il a été condamné pour propos antisémite) avait voulu répondre à l’arrêté déposé par l’édile pour tenter d’interdire son spectacle qui avait été cassé par le tribunal administratif pour « atteinte à la liberté d’expression. »
Dans la même période, le député LREM Patrick Vignal s’est empaillé avec la majorité municipale de Montpellier, notamment sur les réseaux sociaux. En effet, le parlementaire s’est fait attaquer par l’entourage de Philippe Saurel sur ses propos qu’il a tenu sur la chaîne de télévision CNews, « en politique, il n’est pas toujours bon de dire la vérité. » Patrick Vignal aurait-il été poussé au crime par Frédéric Bort que l’on dit actuellement proche de lui ? Le conseiller politique avait théorisé le mensonge en politique dans le documentaire d’Yves Jeuland Le président. Mais Patrick Vignal ne compte pas en rester là et se lâche dans Midi Libre : « je veux dire à cette meute de toutous de maimaire qu’ils perdent leur temps et qu’ils seraient bien inspirés de le consacrer à leurs mandats »
C’est dans cette cacophonie générale que l’ex-conseiller politique de Philippe Saurel, Romain Subirats, a décidé de sortir du bois. Dans une interview accordée à Métropolitain, le responsable des Jeunes avec Macron (JAM) défend l’idée d’un « vrai renouveau politique ». Et de concédér à propos du patron de la Place Georges-Frêche : « s’il avait tenu les promesses qui l’ont fait élire, s’il avait été loyal envers toutes celles et ceux qui ont cru en lui quand il se déclarait candidat pour être maire avant tout pour débarrasser Montpellier d’un clanisme vieux de 30 ans, pour gouverner en harmonie, dans une démocratie citoyenne, je serais certainement toujours son collaborateur. » Briguera-t-il un siège de maire ? « Et pourquoi pas ? Ca sera dur de faire pire, non ? » répond-il avec irrévérence. On l’aura bien compris, les élections municipales se dérouleront dans moins d’un an mais la bataille a d’ores et déjà commencé.
 

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Pour le PS, Hussein Bourgi adopte la politique du « en même temps… »
Dans une interview vidéo accordée à L’agglo-rieuse publiée ce mardi matin, le premier des socialistes dans l’Hérault, Hussein Bourgi, a semblé présenter quelques contradictions. A moins que le conseiller régional adopte la politique du « en même temps », si chère au président de la République. Fier, il rappelle qu’en 2015, il a ouvert la liste des régionales à « la société civile » en décidant « avec Carole Delga » d’intégrer Marie-Thérèse Mercier, ex-présidente du Medef Montpellier, le syndicat patronal. Mais en même temps, un peu plus tard, à propos du quinquennat de François Hollande, il admet que « certaines mesures ont troublé nos militants, nos électeurs, par exemple le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, ndlr), la loi Travail… (…) Je voyais très bien que ces projets de loi n’allaient pas dans le bon sens. (…) Nous nous éloignions de ce qui devait être au cœur de nos préoccupations : les classes populaires et moyennes. » Marie-Thérèse Mercier est aujourd’hui vice-présidente de la Région Occitanie.
Interrogé sur les militants qui ont quitté le parti à la rose pour rallier le mouvement d’Emmanuel Macron, Hussein Bourgi paraît plutôt ferme. « J’en veux terriblement à ceux qui ont eu des mandats grâce au parti socialiste. C’est toujours très blessant quand un membre de la famille vous déçoit. » Et en même temps, il révèle qu’il n’a pas demandé à Kleber Mesquida (PS) l’exclusion de la majorité départementale d’Irène Tolleret, investi tout récemment sur la lite Renaissance de La République en marche pour les prochaines élections européennes. Selon Hussein Bourgi, « le conseil départemental de l’Hérault est riche de sa diversité, il n’est pas question d’ostraciser qui que ce soit. » En même temps…
 
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