Justice : « J’ai compris que Saurel ne travaillait pas »

Pour vous faire patienter jusqu’à la publication de notre traditionnelle enquête hebdomadaire, notre média en ligne lance une nouvelle rubrique Dans la salle d’attente… du d’Oc. Une série de brèves incisives et impertinentes pour prolonger ou redécouvrir certains de nos articles.

 

Justice : « J’ai compris que Saurel ne travaillait pas »

Accueillir la nouvelle Cour administrative d’appel à Montpellier au détriment de Toulouse. Telle était l’ambition du maire Philippe Saurel en réunissant le bâtonnier du conseil de l’ordre des avocats, le préfet, ainsi que plusieurs élus et parlementaires le 12 novembre dernier à l’Hôtel de Ville. Selon l’édile, la capitale héraultaise «  a toujours été une place forte du droit et plus particulièrement du droit public. » Pour une fois, les élus du territoire se sont retrouvés autour d’une table avec la volonté d’agir ensemble dans le but de défendre cette candidature. Selon nos informations, les débats se seraient concentrés sur l’histoire universitaire de la ville ainsi que sur le volume contentieux. Certains convives ont été surpris de ne voir qu’aucun élément technique n’avait été avancé, ni même le début de la conception d’un projet. S’il existe, le cahier des charges n’a pas encore été présenté aux acteurs présents. A ce jour, aucune nouvelle réunion de travail n’a encore été programmée. Plusieurs personnalités locales investies sur le dossier redoutent que la démarche ne se résume qu’à des effets d’annonces, un vœu pieu en somme. D’ailleurs, sur ce coup, l’une d’entre elle n’a guère d’espoir sur les chances de Montpellier : « j’ai compris que Saurel ne travaillait pas. » Affaire à suivre.

Photo : Xavier Malafosse

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L'affaire Dudieuzère devient l'affaire Salelles

Dans les couloirs de l’Hôtel de Ville de Montpellier, contrairement à ce qu’elle avait déclaré, Sophie Salelles, la directrice du cabinet de Philippe Saurel, raconterait qu’elle ne va pas déposer plainte contre Pierre Dudieuzère, le maire de Vendargues, suite aux propos que Le d’Oc a rapporté le 4 décembre. Pendant ce temps, l’ex-vice -président de la métropole continue à déclarer sa passion pour celle qui a occupé les mêmes responsabilités sous la présidence de Jean-Pierre Moure. Mais voilà qu’intervient un nouveau rebondissement dans cette polémique interminable. Philippe Saurel a décidé d’intégrer en urgence une nouvelle affaire à l’ordre du jour du prochain conseil de métropole qui se déroulera ce vendredi 21 décembre. L’objet : la protection fonctionnelle de Sophie Salelles (soit la prise en charge de ses frais de justice par l’institution). Ou comment la contraindre à bien déposer plainte.

Surpris, Pierre Dudieuzère a envoyé un courrier au président de la métropole ainsi qu’à tous les élus pour demander le retrait de cette délibération. Dans sa lettre, le maire de Vendargues rappelle avoir « le plus grand respect » et « la plus grande considération » pour Sophie Salelles.

Pourquoi en est-on arrivé là ? D’après un saurélien, « Sophie Salelles ne serait plus vraiment en odeur de sainteté auprès de Saurel qui prend un malin plaisir à jouer avec elle et le maire de Vendargues qui le critique dans la presse. »

 

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« Attention, c’est la gare Sud de France »

La mauvaise réputation de la nouvelle gare TGV Sud de France de Montpellier n’est plus à faire. Entre les saillies locales d’Europe-écologie-Les-verts (EELV) et les piques cinglantes de l’animateur Jean-Jacques Bourdin, le compte est bon ! Mais la véritable fronde vient surtout des usagers qui, comme Le d’Oc l’a déjà relevé, ne comprennent pas débarquer dans un no man’s land, au milieu de terres agricoles, entre deux autoroutes, à plus de six kilomètres de la Place de la Comédie.

Bien informés du mécontentement des passagers, les agents commerciaux de la SNCF avertissent désormais sur la distinction entre la gare Saint-Roch et Sud de France lorsqu’un voyageur souhaite acheter un billet pour Montpellier. C’est le cas à Toulouse-Matabiau comme à Paris-gare de Lyon. « Nous préférons le préciser, surtout pour les clients qui veulent se rendre au cœur de Montpellier. Nous avons vu les reportages et, à ce qu’il paraît, c’est une vraie galère », raconte au d’Oc un guichetier de la SNCF. Mais cette « galère » n’est pas prête de s’interrompre puisque SNCF Mobilités réfléchit à transférer des TGV de la gare centrale vers Sud de France, bien plus excentrée. En 2019, dès l’ouverture de la gare TGV de Nîmes-Manduel, 12 TGV pourraient être supprimés de Saint-Roch pour augmenter la fréquence de Sud de France. Comme le rappelle EELV-Montpellier, la gare Saint-Roch a été « rénovée et agrandie en 2014 pour 55 M€. » Vous avez dit gabegie ?

 

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En Marche plane au Nuage

Le comportement de La République en marche ne cesse de surprendre. Hier, le ministre du Logement, Julien Denormandie, et la secrétaire d’Etat en charge des solidarités et de la santé, Christelle Dubos, se sont déplacés à Montpellier pour évoquer la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté. L’Hérault est à l’honneur puisque le département est l’un des plus pauvres de France. Au programme de leur visite : une copropriété dégradée en cours de rénovation à la Mosson, la nouvelle bagagerie pour les personnes sans domicile fixe et la Caisse d’allocations familiales. Alors, pour bien finir la journée, les marcheurs se sont retrouvés au Nuage, au sud-est de Montpellier, à Port-Marianne. Dans ce quartier en développement permanent, les prix de l’immobilier s’élèvent entre 4 500€ et 6 000€ le mètre carré. A l’échelle de la ville, c’est un peu comme si les sympathisants d’Emmanuel Macron s’étaient expatriés en province et apprécient de se retrouver dans la capitale parisienne. De l’arrogance diront certains ? Non, plutôt du cynisme. En effet, dans le JDD de dimanche dernier, les résultats d’un sondage Ifop démontrent que si les élections présidentielles étaient à refaire avec les mêmes candidats, ou en remplaçant François Fillon par Laurent Wauquiez pour Les Républicains, Emmanuel Macron améliorerait à chaque fois son score du 1er tour qui était en 2017 de 24%. De quoi savourer une coupe dans le quartier le plus branché de Montpellier pour les marcheurs héraultais qui n’ont pas toujours la vie politique facile.

 

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