« Sophie Salelles ? Qu’elle aille se faire encu… ! »

Pour vous faire patienter jusqu’à la publication de notre traditionnelle enquête hebdomadaire, notre média en ligne lance une nouvelle rubrique Dans la salle d’attente… du d’Oc. Une série de brèves incisives et impertinentes pour prolonger ou redécouvrir certains de nos articles.

 

« Sophie Salelles ? Qu’elle aille se faire encu… ! »

Nommé en 2017 vice-président en charge de la voirie, Pierre Dudieuzère, le maire de Vendargues, n’aura passé qu’à peine plus d’une année au sein de l’exécutif métropolitain. Hier, le conseil de Montpellier3M a voté son éviction (1 contre, 18 abstentions, 9 ne prenant pas part au vote). La raison officielle : la répétition de publications sur son compte Facebook ayant selon Philippe Saurel « des connotations xénophobes, racistes, voir sexistes. »

Pourtant, quelques jours auparavant, l’édile pensait pouvoir résister aux pressions. « Sophie Salelles, la directrice de cabinet du président Saurel, m’a appelé pour que je démissionne. Qu’elle aille se faire encu… », racontait-il à ses proches. Dans sa circonscription, un maire indique que Pierre Dudieuzère aurait « dû présenter ses excuses. » Mais avec le langage raffiné qui le caractérise, le vendarguois persistait auprès de son entourage : « hors de question que je fasse le moindre méa culpa, je suis un maire, pas un suceur. » Pierre Dudieuzère, aux commandes de sa commune depuis 1989, ne semble pas vraiment comprendre la décision de Philippe Saurel mais lâche une tentative d’explication auprès de quelques-uns de ses collègues : « j’ai annoncé que je ne me représenterai pas en 2020, dès lors je ne lui sert plus à rien. » Contacté par Le d’Oc quelques heures avant l’assemblée plénière, le futur ex-vice-président avançait une version complémentaire : « c’est une pantalonade, on ne gère pas une ville comme Montpellier avec les réseaux sociaux, je demandais un budget supplémentaire pour la voirie ce qui a certainement posé problème. N’est pas Frêche qui veut. » Après l’exécution d’Isabelle Gianiel déléguée aux transports en 2016, le wagon des maires et élus qui ne souhaitaient pas rejoindre le groupe majoritaire rebaptisé En Marche et apparenté dont l’intitulé a été supprimé depuis, voici une nouvelle éviction qui n’intervient pourtant pas dans la séquence du remaniement dite "Saurel V".

Précisions : Après la publication de cette brève, Pierre Dudieuzère nous a contacté par téléphone et indique « J'adore Sophie Salelles car il y a longtemps que je travaille avec elle, depuis le temps de Frêche. Je lui porte une très grande considération.» 

Nouvelles précisions : Le 5 décembre, 24 heures après notre publication, et après l’annonce d’un dépôt de plainte de la part de Sophie Salelles contre Pierre Dudieuzère pour des propos qu’elle considère comme « injurieux » et « sexistes », le maire de Vendargues a envoyé un démenti par voie de communiqué de presse.

« M. Pierre Dudieuzère conteste fermement avoir tenu les propos rapportés. Il précise qu’il ne tient jamais des propos de cette nature à l’égard de quiconque et qu’il a le plus grand respect et la plus grande considération pour madame Salelles qu’il connaît depuis fort longtemps et qu’il a côtoyé et apprécié lorsqu’elle exerçait des fonctions sous les mandats de Georges Frêche. »

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Il est libre Pat’

Europe 1, BFM TV, CNEWS, C’est dans l’air, Reuters, New York Times… Difficile d’échapper à Patrick Vignal, le député LREM de la 9e circonscription de l’Hérault. « Sur l’ISF, il ne faut pas avoir peur de dire que l’on s’est trompé », « Repoussons la hausse des taxes sur le carburant », appel « à un meilleur accompagnement social »… Le parlementaire joue les médiateurs entre les gilets jaunes qu’il rencontre sur le terrain et le gouvernement. Du coup, chez les fidèles de la macronie, on critique « un frondeur low-cost ». Une situation qui semble satisfaire l’équipe de Philippe Saurel à la mairie de Montpellier qui y voit l’incapacité pour La République en marche « de lui confier l’investiture pour les prochaines municipales car il est cramé. » Et d’envisager « une fusion des circonscriptions qui le mettrait hors-jeu pour un nouveau mandat. » Des commentaires qui n’inquiètent pas Patrick Vignal, réélu député en 2017 après son transfuge du Parti socialiste vers le mouvement d’Emmanuel Macron. « Je les emmerde. Je ne suis candidat à rien. Je suis pour le président de la République, je ne suis ni frondeur, ni godillot. J’alerte seulement. Et je remarque que sur les réseaux sociaux, ainsi que sur le terrain, que les gens apprécient ma franchise », explique-t-il au d’Oc. Mais Philippe Saurel a aussi reçu les gilets jaunes, samedi dernier, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Un brin chahuté, l’édile, soutien du Président de la République, a pourtant affirmé « partager un certain nombre des revendications. » Entre les deux anciens adjoints de Georges Frêche, puis d’Hélène Mandroux, la bataille pour la conquête du maillot jaune serait-elle ouverte ?

 

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Grand-Rue Jean-Moulin : terre de résistance pour l’opposition montpelliéraine

Dans le centre-ville de Montpellier, la rénovation de la Grand-Rue Jean-Moulin dure depuis bientôt deux ans. « Tout le monde en parlait, personne ne l’avait fait », martèle en boucle Luc Albernhe, l’adjoint au maire en charge du cadre de vie.

Pourtant, ces dernières semaines, le passage est devenu l’un des terrains de jeu préférés des opposants à l’équipe municipale. On peut y croiser des anciens conseillers de Philippe Saurel en train de scruter les pavés, un ex-directeur de cabinet de Georges Frêche essayant de ne pas chuter, le cadre d’un parti politique emmener un journaliste pour critiquer la qualité des travaux, et le sénateur LR Jean-Pierre Grand prendre des photos pour remettre en cause, sur Twitter, la première partie de la voirie qui a été réaménagée. Pour tous, c’est le même constat : « c’est moche, ondulé, pas droit, avec des trous, casse-gueule, ne valorisant pas les commerces… » Le chantier de Jean-Moulin pourrait donc rapidement devenir la première étape de la bataille des élections municipales.

 

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Liberté de la presse : l’insoumis Revol dérape

Après avoir attaqué puis fait condamner Montpellier Journal, le doute était permis sur la passion de René Revol pour l’indépendance des journalistes. Récemment, le maire insoumis de Grabels a encore démontré son grand amour pour le travail de la presse. L’édile a fortement critiqué une correspondante de Midi Libre en charge de couvrir le village depuis plus de 20 ans, suite à un article sur le chantier d’une nouvelle école en passe d’être inaugurée. René Revol a tout simplement demandé au  quotidien régional de proposer un autre correspondant. Olivier Biscaye, le directeur de la rédaction, s’y est logiquement opposé. Mais selon nos informations, la correspondante ne reçoit plus les communiqués de presse. Midi Libre est contraint de lui transférer à chaque fois. D’après une tribune municipale signée par l’opposant grabellois, Régis Morvan, René Revol « considère la liberté de la presse comme le troisième pouvoir à la condition que cela lui soit favorable. » On ne pourra pas reprocher à René Revol sa fidélité à Jean-Luc Mélenchon, même dans ses comportements les plus discutables.

 

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