Tour Font del Rey : un logement endommagé par des
« traces d’excréments et d’humidité » n’est pas jugé insalubre

Le 17 décembre 2014, le conseil municipal de Montpellier adopte la vente de six logements sociaux (ACM) vacants à la société Ciger au sein de la résidence Font del Rey, située sur la Place du Grand Mail dans le quartier Mosson. Le but de la Ville ? « Assurer l’équilibre économique et social d’un ou plusieurs ensembles d’habitations ou d’un quartier connaissant des difficultés particulières ». Selon Stéphanie Jannin, à l’époque adjointe au maire en charge de l’urbanisme, Ciger « apparaît comme le bailleur le plus à même de gérer au quotidien cette propriété ». La présentation de cette affaire laisse place à de vifs échanges entre les élus car, depuis plusieurs décennies, l’immeuble en question, sévèrement dégradé, abrite des centaines de locataires dans des conditions très difficiles. Comme le rappelle Mustapha Majdoul (conseiller municipal d’opposition passé désormais dans la majorité de Philippe Saurel), dans le débat qui précède le vote : « personne n’ignore la situation de la résidence Font del Rey et ce que subissent ses occupants ». Et d’interroger le maire : « Avez-vous la certitude que cette vente est la meilleure solution et surtout qu’elle offre une garantie de mieux vivre aux habitants ? »

Aujourd’hui, trois ans après cette séance, Le d’Oc répond négativement à cette question. Nous étayerons notre constat par les faits que nous avons relevés dans une double-enquête à paraître très prochainement. Mais en attendant, dans un soucis de transparence, il nous paraît important de rendre public quelques extraits des nombreux documents que nous nous sommes procurés dans ce dossier.

Même si la vente n’aurait finalement pas eu lieu pour des motifs que nous relaterons plus tard, la situation ne s’est pas améliorée pour les locataires de la résidence Font del Rey. Des dizaines de rapports du service d’hygiène de la Ville de Montpellier le démontrent. Le 2 mars 2016, dans une habitation, il a été noté le développement de « quelques moisissures », « l’apparition de traces jaunes vraisemblablement dues à des infiltrations d’eau » et une « installation électrique qui présente des anomalies présentant un caractère dangereux pour les occupants ». Autre exemple bien plus récent : le 15 janvier 2018, il a été reconnu que la salle de bains d’un appartement « présente des dommages » comme des « traces d’humidité et d’excréments sur les murs au niveau de la gaine technique d’évacuation des eaux usées dues à un dégât des eaux ». La visite du rapporteur s’est déroulée le 16 novembre 2017. Pourtant, comme l’atteste notre photo à la une, le problème semblait toujours persister le 8 mars 2018, jour de la prise de vue.

Pire, le 13 février dernier, un autre logement a été classé dans la catégorie « insalubre remédiable », ce qui n’était pas le cas des deux autres cités précédemment. Un palier supplémentaire est donc franchi. La cause ? La « dangerosité de l’installation électrique et l’absence de chauffage ». L’agence régionale de santé Occitanie vient donc d’être saisie.

Sollicités à plusieurs reprises, ni la Ville de Montpellier, ni ACM Habitat le bailleur social de la métropole n’ont donné suite à nos demandes d’entretiens.

Qui sont les occupants de la tour Font del Rey ? Dans quelles conditions vivent-ils exactement ? Ont-ils une part de responsabilité dans la dégradation de cet immeuble ? Qui se cache derrière la société Ciger ? Quels leviers peuvent être mis en place par les pouvoirs publics pour rendre la vie des locataires un peu plus décente ? Le d’Oc vous en informe dans les jours à venir.

 

Benjamin Téoule avec Xavier Malafosse (photo à la une) et Céline Durchon (vidéo ci-dessous)

 

 

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