Elus dans la tourmente : à Montpellier, imbroglio sur les indemnités

Jugée pour prise illégale d’intérêt, Stéphanie Jannin s’est présentée à la barre du tribunal correctionnel de Montpellier lundi 18 septembre. Face à la présidente, l’élue a déclaré bénéficier de 960€ de revenus. Or, bien que suspendues de ses délégations en lien avec l’urbanisme, rien n’obligeait à ce qu’elle ne perçoive pas ses 4 900€ brut par mois. Surtout que de son côté, son collègue Christophe Cour, adjoint à l’écologie urbaine, a connu le maintien de l’intégralité de ses indemnités (3 372€ brut par mois, ndlr) pendant sa période de suspension liée à un dépôt de plainte contre lui. Pour les élus montpelliérains, il semblerait donc qu’il y ait deux poids, deux mesures…
Mais que dit vraiment la loi ? Le d’Oc a essayé d’y voir plus clair afin d’éclaircir les zones d’ombres.
 
Trois jours après sa défaite au second tour des élections législatives, le mercredi 21 juin, Stéphanie Jannin annonce avoir demandé à Philippe Saurel, le maire de Montpellier, de « bien vouloir suspendre » ses délégations à la Ville comme à la métropole. Sur son compte Facebook, l’élue explique avoir pris cette décision « de manière à pouvoir librement mettre en évidence (sa) bonne foi ». Car pour elle, « plus que jamais nos concitoyens ont besoin de transparence et de vérité ».
 
 

 
 
Le 18 septembre dernier, soit quasiment trois mois après son message, Stéphanie Jannin, 2e adjointe au maire et 3e vice-présidente de la métropole, se présente devant la barre du Tribunal correctionnel de Montpellier pour prise illégale d’intérêt. Dans le collimateur du parquet : l’engagement de l’adjointe en charge de l’urbanisme sur le projet immobilier Alba, situé à Las Rébès (Quartier des Cévennes), dont son dernier employeur, le cabinet d’architecture et d’urbanisme Lebunetel (SARL RKNL au moment des faits), est le maître d’œuvre. Il lui est aussi reproché d’avoir pris part au vote d’une subvention pour la Maison de l’architecture présidée par son conjoint, Cyril Outrebon, également entendu dans l’affaire pour recel de prise illégale d’intérêt. Venue main dans la main avec son concubin, vêtue d’une longue veste noire, Stéphanie Jannin se défend, mettant en avant son sens « de l’intérêt général » malgré « l’absence de formation politique, étant issue d’une liste citoyenne que personne ne donnait vainqueur ».
Comme il est de coutume en ouverture d’audience, la présidente du Tribunal l’interroge sur ses revenus. À cette question, Stéphanie Jannin répond « 960€ » par mois.

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