Futur stade de foot :
Sera-t-il digne d’une métropole ?

Contre toute attente, le 4 mai 2016, Philippe Saurel a annoncé la naissance d’un nouveau stade de football. Louis Nicollin en rêvait, le président de la métropole de Montpellier s’y engage. L’enceinte de la Mosson sera donc délaissée, et une nouvelle enceinte accueillera les joueurs de Loulou d’ici quatre ou cinq ans, au sud-est de la ville, près d’Odysseum. Mais au-delà des effets d’annonce, le pari se révèle audacieux : Montpellier est aujourd’hui la seule ville française à se lancer dans la création d’un tel équipement. Et des questions persistent… Comment les Pailladins vivent-ils le déménagement du stade alors que rien ne semble être prévu pour se substituer à l’édifice ? Un nouveau stade est-il vraiment nécessaire ? Quel modèle économique privilégier ? Pourquoi faire exactement ? Cette semaine, Le d’Oc s’interroge sur ce projet doté d’environ 25 000 places pour un investissement qui s’élèverait autour de 120 M€.

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C’est acté : Montpellier va se doter d’un nouveau stade à l’horizon 2023. Mais alors que les contours du projet se dessinent, un élément interpelle : dans les discours, il est rarement fait référence à ce qui peut se faire ailleurs. Or, depuis 10 ans, plusieurs villes se sont dotées d’enceintes de « nouvelle génération ». Le d’Oc en a donc sélectionné quatre, pour confronter les enjeux de Montpellier aux réalités. Emplacement, jauge, modèle économique… À quoi doit ressembler le stade de la 8e ville de France ? La réponse pourrait se révéler bien éloignée des premières annonces...

 

La Mosson « obsolète », « inondable », et dont « l’accessibilité pose problème » ! Depuis le conseil de Métropole de décembre 2016, Philippe Saurel sulfate le stade de foot de la Paillade. Soutenu avec bienveillance par la famille Nicollin, le président de la Métropole imagine un nouveau terrain de jeu à l’horizon 2023. La nouvelle enceinte s’installerait à la Mogère, « à quelques pas de l’autoroute, l’aéroport, la gare, l’Arena ».

Les contours du projet ont été dessinés : un stade « un peu plus petit que la Mosson », doté de 25 000 places, pour un coût avoisinant les 120 millions d’euros. Pour calibrer l’équipement, Philippe Saurel assure avoir consulté « des spécialistes nationaux ». Surprise : personne ne semble s’appuyer sur les expériences des huit villes ayant créé un stade neuf, dans les 10 dernières années. Le d’Oc a donc mené sa propre étude comparative. En confrontant le projet montpelliérain et quatre « stades-témoins » : deux « petits » (25 000 places), au Havre et à Valenciennes, villes moins grandes dont les clubs sont en Ligue 2 ; et deux « gros » (plus de 40 000 places), ayant accueilli l’Euro 2016 à Bordeaux et Lille. L’objectif : mettre en perspective les enjeux sportifs et territoriaux d’un tel chantier.

 

Emplacement : un déménagement inévitable ?

« Quitter le quartier, c’est une question de survie pour le club. » La famille Nicollin a tranché : même si l’histoire du foot s’inscrit à la Paillade, La Mosson, complexe d’accès et nichée dans un quartier populaire, n’a plus la côte. La Mogère serait à leurs yeux plus adaptée. Il n’y a pas de débat : les quatre villes consultées adoubent cette approche. Partout, les stades s’implantent désormais « en entrée de ville », « près des grands axes de transport ».

« L’un des critères importants pour nous, c’est la desserte routière, pointe Yannick le Borgne, directeur des sports à la Métropole de Lille. Il ne fallait pas que le stade bloque l’accès à la métropole. » Or, la Mosson fige les accès nord de Montpellier, les soirs de match. « Il vaut mieux choisir un emplacement desservi par plusieurs grands axes routiers », plaide-t-on à Lille. À Bordeaux, on évoque également les autres moyens de transport : leur Matmut Atlantique est situé à proximité de l’aéroport et d’un terminus du tram.

Or, à Montpellier, la desserte en tram reste floue. Tout juste est-il envisagé de bénéficier du prolongement de la ligne 1 jusqu’à la gare TGV, à 400 mètres.


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